Poème
Aux Philistins
par Claudius POPELIN
À Edmond Taigny Vulgaires ennemis des styles ouvragés, Ignorants dédaigneux des effets du langage, Et contempteurs des mots qu’un or sans alliage Sertit, joyaux de prix, en des écrins rangés, O Philistins sans art dans l’ornière engagés ! Qui, mettant le caprice et la jeunesse en cage, Promèneraient l’amour en fiacre de louage Et ; verseraient la grâce au coin des préjugés ! Passez votre chemin, ne touchez pas au livre, Ne touchez pas aux dons que la Muse délivre. A la plume, à la pointe, au maillet, au pinceau. Car le proverbe antique eut raison de le dire : Le geai ne connaît rien aux cordes de la lyre, La marjolaine reste étrangère au pourceau.
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