Poème
Bona nox
par Claudius POPELIN
La nuit, la bonne nuit, d’étoiles couronnée, Nous berce quelquefois en des songes menteurs, Mais si beaux, mais si doux, mais si consolateurs Que l’on voudrait, alors, dormir toute l’année. Par des sentiers fleuris notre âme promenée S’égare en des forêts pleines d’oiseaux chanteurs. Plus aimés que des rois ou des triomphateurs Nous tenons en nos bras la femme abandonnée. Hélas ! pourquoi faut-il, ici-bas, que, toujours, La chose la meilleure interrompe son cours Au milieu du chemin, et jamais ne s’achève ? Car le matin, trop tôt, vient transpercer la nuit De ses rayons jaloux et, soudain, notre rêve, Effarouché comme elle, en même temps s’enfuit.
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