Poème
C’est là s’aimer
par Claudius POPELIN
S’accorder doucement, toujours, sur chaque chose, Quand on est séparés s’ennuyer à périr, Se couver du regard, et ne pouvoir souffrir Quiconque, d’aventure, entre vous s’interpose, S’imaginer la vie en commun toute rose, D’un bonheur différent ne vouloir s’enquérir, S’approcher, se frôler par hasard, se nourrir D’une chimère unique au fond de l’âme enclose, Avoir à se rejoindre un esprit exercé, N’entendre point le nom de l’autre prononcé Que l’artère ne batte et plus fort et plus vite, Au même endroit, d’instinct, porter tous deux ses pas, Rougir quand on se voit, pâlir quand on se quitte, C’est là, je crois, s’aimer, si je ne rêve pas.
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