Poème
Carpe diem
par Claudius POPELIN
I Le printemps verdit la branche Et fait fleurir le verger. Mets la robe du dimanche, Ton petit chapeau léger. Allons cueillir la pervenche, L’asphodèle passager, Et la marguerite blanche Et le muguet bocager. Nous promènerons ensemble Sous le hêtre, sous le tremble, Sans regarder aux chemins ; Et nous nous perdrons, peut-être, Sous le tremble, sous le hêtre, Avec des fleurs plein les mains. II Qu’importe, si l’on s’adore, Où l’on demeure arrêté. Un réduit que l’amour dore Vaut un palais enchanté. Allons, viens ! Déjà l’aurore S’efface au ciel velouté, Et le soleil sur la flore Se répand en volupté. Je sais, au fond du bois sombre, Un endroit tout empli d’ombre Où mène un joli sentier. Tous deux, seuls avec nous-mêmes, Nous pourrons là, si tu m’aimes, Oublier le monde entier. III Hâte-toi donc, ma charmante, Passe un ruban sous ton col ; Tiens, voici tes gants, ta mante, Tiens, voici ton parasol. Va, l’ardeur qui me tourmente N’est pas caprice de fol : Plaisirs d’amant et d’amante Se doivent saisir au vol. Printemps, jeunesse, en ce monde, Vont s’écoulant comme l’onde Loin des bords et sans retour. Sache qu’une heure perdue Ne nous est jamais rendue, Gardons-nous de perdre un jour.
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