Poème
Ceux qui comptent
par Claudius POPELIN
À l’amiral Jurien de la Gravière J’aime l’homme qui sème et récolte le grain, Le penseur, le savant, l’ouvrier du volume. Et celui du rabot et celui de l’enclume, L’artiste du maillet, du pinceau, du burin. Le poète, l’acteur, celui qui fond l’airain, Celui qui cuit le pain dans le four qu’il allume, Le combattant loyal du sabre ou de la plume, L’intègre magistrat et le brave marin. J’aime celui qui sert ou défend la patrie. Le sage qui professe et le sage qui prie, Tous les bons travailleurs de l’esprit ou du corps ; Mais pour un sou rouillé je donnerais le reste : Riches, pauvres, vilains, nobles, faibles ou forts, Et point ne m’en soucie autrement que d’un zeste.
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