Poème
Champ de Mars
par Eugène MANUEL
À mon ami Custave Simon Exposition universelle, 1878. Le spectacle est sublime, et l’orgueil est permis : Le travail a vaincu les forces naturelles ; Autrefois leur esclave et terrassé par elles, L’homme entrevoit partout son domaine soumis. Corps inertes, dépôts sous la terre endormis, Éléments oubliant leurs antiques querelles, Chaleur, lumière et son, plantes, métaux rebelles, Vapeurs et gaz subtils, fluides ennemis, Tout est dompté, tout sert, tout vit, tout se transforme L’être infime apparaît comme un géant énorme, Plus fort, plus redoutable et plus fier chaque jour! Puissance humaine, es-tu vraiment bien dépensée ? Toute cette matière est faite de pensée : Ah! si cette pensée était faite d’amour!
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