Poème
Chanson : Lo fior la mane e nato
par Claudius POPELIN
Lo fior la mane e nato, La sera il vei seccato. (fra Jacopone) Loin des maux, loin des douleurs. Loin des pleurs Je connais une retraite Bien secrète, Sous l’azur et dans les fleurs. La gaîté qui s’y promène Vous y mène, Durant les nuits, par la main, Dans des sentiers où la Lune Vient argenter la peau brune Du chemin. L’existence harmonieuse Et rieuse Y coule en flot transparent, Murmurant Une idylle gracieuse. Un long rêve en plein soleil, Sans réveil. S’y fait et s’y recommence. L’amant peut, sous des berceaux. Chanter avec les oiseaux Sa romance. Rien n’est égal aux doux sons Des chansons Que Philomèle y soupire ; Elle inspire Les filles et les garçons. De ses ailes diaprées Et dorées L’enfant aux beaux cheveux d’or, Eros, deux à deux les pousse A l’écart, et, dans la mousse Les endort. Puis, lorsqu’en sa robe blanche L’Aube épanche Ses feux entre les roseaux Sur les eaux, Mirant là son front qui penche, C’est pour embraser soudain, Au jardin, L’herbe verte des pelouses, Et des reflets du plaisir Teindre en pourpre le désir Des épouses. Viens y défiler le cours De nos jours : Car, par le Temps emmenées, Nos années Emmèneront nos amours. La Jeunesse c’est la rose Qui, déclose, Quand le matin prend son vol, Brille tout ensoleillée, Mais, le soir, tombe effeuillée Sur le sol.
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