Poème
Chantons modestement
par Claudius POPELIN
Parce que nous savons, en combinant des mots, Heureusement trouver l’antithèse et l’image, Mettre sur la pensée un éclatant plumage, Donner à nos discours la splendeur des émaux, Parce que, mieux que luths ou mieux que chalumeaux. Nous faisons frissonner l’harmonieux ramage, Parce que nous lisons, comme autrefois le mage, Dans le cœur des fourmis et des grands Béhémoths, Frères, n’estimons pas que nous portions le monde ; Chantons modestement l’épopée ou la ronde, Et poursuivons notre œuvre avec simplicité. Ne croyons pas atteindre aux sphères infinies ; Mais demeurons certains, fussions-nous des génies, Que le fruit de l’orgueil est l’imbécillité.
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