Poème
Chinoiserie
par Claudius POPELIN
À Germain Bapst Dans un pavillon rouge à toiture d’airain, Sur ses talons assise, en une pose étrange, La petite Chinoise, à l’œil oblique, mange, Avec des bâtonnets, tout son riz grain à grain. C’est la joie et l’orgueil d’un riche mandarin Qui de l’ongle se gratte un nez qui lui démange, Tandis que son esprit subtilement arrange Un poème touffu réduit en un quatrain. Tout à coup l’enfant part d’un rire à perdre haleine, Car elle a vu, soudain, étalant sa bedaine, La potiche que porte un beau meuble laqué ; Et l’objet, s’enlevant sur la blancheur d’un store, Lui présente un contour que l’on dirait calqué Sur le ventre puissant du lettré qui l’adore.
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