Poème
Déception
par Claudius POPELIN
Nous avons échangé mainte douce parole ; Vous avez pris mon bras à moitié du chemin, Et je vous ai pressé très tendrement la main ; Avais-je ma raison ou bien étiez-vous folle ? Mon front semblait baigner dans l’or d’une auréole, Mon être était gonflé d’un orgueil surhumain ; Et quand vous m’avez dit, en rentrant : « A demain, » Je suis parti léger comme un oiseau qui vole. Aujourd’hui je reviens, d’espoir tout palpitant, Avec le souvenir de la veille, et, pourtant, Vos regards sont glacés, votre aspect est sévère. Ai-je rêvé ? mais non ! c’est la réalité. Hier, vous avez mis vos lèvres à mon verre ; Hélas ! n’était-il plein que de l’eau du Léthé ?
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