Poème
Devant saint Pierre
par Claudius POPELIN
Lorsque tu paraîtras, chargé d’ans et de gloire, Peut-être aujourd’hui même, ou, tout au plus, demain, Devant le seuil béni de la porte d’ivoire, Saint Pierre sera là le barrant le chemin. Le gardien vénéré du divin territoire, l’ordonnant de montrer et l’une et l’autre main, T’indiquera du doigt, vieillard, la porte noire, En les apercevant rouges de sang humain. Et l’apôtre indulgent te dira : « Capitaine, Va, d’abord, les laver aux eaux de la fontaine Qui coulent à grands flots dans le sombre séjour. N’en bois pas : tu pourrais les trouver trop amères ; Car, sache-le, ce sont, pourvoyeur du vautour, Les pleurs des orphelins, des veuves et des mères. »
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