Poème
Dictame
par Claudius POPELIN
À François Coppée Par moments l’âme est prise aux serres de l’ennui, Tout se ternit, s’éteint, et tout se décolore ; L’imagination se fane et se déflore, L’esprit est sans refuge et le cœur sans appui. L’amour n’a plus un trait au fond de son étui, Les roses de l’espoir ne savent plus éclore ; On attend vainement le désir qu’on implore Et l’on croit que demain sera tel qu’aujourd’hui. Mais si nous invoquons la Muse, chaste amante, Elle entre doucement et s’incline, charmante, Sur notre front courbé par le poids de nos maux. Nous relevons, alors, notre moral qui plie ; Car « nous nous consolons en arrangeant des mots », Gomme l’a dit Musset, dans sa mélancolie.
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