Poème
Dieu ! faut-il que je t’aime !
par Claudius POPELIN
Comme un soldat mourant, et que foule un vainqueur, Voit d’un œil consterné son sang rougir l’arène, Je suis là qui gémis, captieuse sirène, Répandant à tes pieds la sève de mon cœur. Flagellé par les traits de ton esprit moqueur, J’adore lâchement ta beauté souveraine Et subis les affronts qu’impassible et sereine Tu fais à ton esclave étouffé de rancoeur. Si je suivais l’instinct de ma fureur intense Je devrais, sphinx maudit, femme, démon d’Enfer, Placer entre nous deux l’éternelle distance Et, broyant tes poignets d’une étreinte de fer, Au visage, en partant, te cracher l’anathème... Pour te haïr ainsi, Dieu ! faut-il que je t’aime !
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