Poème
Epitaphe de Françoys, Daulphin de France
par Clément MAROT
La Suite de l'Adolescence clémentine
Cy gist Françoys Daulphin de grand renom, Filz de Françoys le premier de ce nom : Duquel il tint la Prison en Espaigne. Cy gist Françoys, qui la Lice, et Campaigne, Glaives tranchans, et Harnoys bien fourbis Ayma trop plus, que sumptueux Habitz. Formé de corps, ce qu’est possible d’estre, Le feit Nature encores plus adextre. Et en ce Corps hault, et droit composé Le Ciel transmist ung Esprit bien posé : Puis le reprint, quand par griefve achoison Ung Ferraroys luy donna la Poison Au vueil d’aultruy, qui en craincte regnoit Voyant Françoys, qui Cesar devenoit. Ce Daulphin dy, qui par Terre, et par Mer Fustes, et gens eust prins plaisir d’armer, Et la grandeur de Terre dominée, Si rompre eust peu sa dure destinée : Mais ses vertus luy causerent envie, Dont il perdit sur les vingt ans la vie, Avec l’actente, helas, de la Couronne, Qui le cler Chef de son Pere environne. Qu’as tu, Passant ? complaindre on ne s’en doibt : Il a trop mieulx, que ce, qu’il attendoit.
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