Poème
Epitaphe de Jan L'Huilier, conseillier
par Clément MAROT
La Suite de l'Adolescence clémentine
Incontinent que Loyse le Maistre Congneut, qu’aux verms le corps on faisoit paistre De son Espoux le prudent Jan L’Huillier, Helas (dit elle) Amy tressingulier, Vostre prudence au Senat honnorée Eust mieulx porté, que moy lasse esplorée, Le dueil de Mort. Inutile je vy, Et vous eussiez encores bien servy : Car vous estiez vertueux, et sçavant. Las pourquoy doncq ne suis je morte avant ? En ce regret demoura des Moys douze La bonne, belle, et vertueuse Espouse : Puis trespassa, et en mourant va dire : C’est trop d’un an, sans veoir ce qu’on desire. Mon esprit va le sien, là hault chercher : Vueillez le Corps aupres du sien coucher. Ce qui fut faict, et n’a sceu Mort tant poindre, Qu’elle ayt desjoinct, ce qu’Amour voulut joindre.
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