Poème
Epitaphe de Jehan de Montdoulcet
par Clément MAROT
La Suite de l'Adolescence clémentine
Apres avoir servi autour de la personne Du Roy Loys douziesme, avant que sa Couronne Ornast son noble Chef, et apres l’avoir prise, Je Jan de Montdoulcet esprouvay la surprise De l’incertaine Mort, car ung esclat de Lance En ung plaisant Tourné dedans mon corps se lance Si vigoreusement, et par fortune telle, Qu’au meillieu de plaisir senty douleur mortelle, Qui au Lict me jecta saisy de fiebvre grosse, De mon Lict au Cercueil, du Cercueil en la Fosse, Non pas sans grand regret du Maistre, et des Amys. Les Amys m’ont ploré : et le bon Maistre a mis Mes Enfans aux Estatz de moy lors retenuz, Entre aultres que j’avoys de sa grâce obtenuz, Et donna pension à la mienne Espousée, C’est Janne Cotereau, qui est icy posée. Si tant d’honneur, et bien ne vint de mon merite, Il vint d’amour de Roy, envers moy non petite. Mais la source du tout fut la bonté de Dieu. Priez pour moy, Passans, priez qu’en cestuy lieu Je puisse en Jesuchrist tellement sommeiller, Qu’avec les siens me fasse au grand Jour resveiller.
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