Poème
Epitaphe de maistre Guillaume Cretin, poëte françoys
par Clément MAROT
La Suite de l'Adolescence clémentine
Seigneurs passans, comment pourrez vous croyre De ce Tombeau la grand pompe, et la gloire ? Il n’est ne painct, ne polly, ne doré, Et si se dit haultement honnoré, Tant seulement pour estre couverture D’ung Corps Humain cy mis en sepulture : C’est de Cretin, Cretin qui tant sçavoit. Regardez donc, si ce Tombeau avoit De ce Cretin les faictz laborieux, Comme il devroit estre bien glorieux ; Veu qu’il prend gloire au pauvre Corps tout mort, Lequel (par tout) vermine mine, et mord. O dur Tombeau, de ce que tu en cœuvres, Contente toy, avoir n’en peuz les Œuvres : Chose eternelle en Mort jamais ne tombe : Et qui ne meurt, n’a que faire de Tombe.
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