Poème
Epitaphe de messire Jan Cotereau, chevalier, seigneur de Maintenon
par Clément MAROT
La Suite de l'Adolescence clémentine
Celluy qui gist cy dessoubz consommé, Chevalier fut Jan Coterau nommé : Qui en jeunesse eut ung si grand bon heur, Qu’il deceda plein de biens, et d’honneur. En ce bon heur Fortune favorable Le feit servir soubz estat honnorable Ung noble Duc, qui apres grand’souffrance Au chef porta la couronne de France : Ce fut Loys de ce nom le douziesme, Que le Defunct suyvit en peine extrême Par tout au pis de ses adversitez, Puis se sentit, de ses prosperitez : Car estant Roy (en bonne, et voluntaire Recongnoissance) il le feit Secretaire, Et Tresorier des finances Royalles Pour le loyer de ses vertus loyalles. Le Maistre mort, le servant souspira, Et pour repos deslors se retira Ici chez luy : ou par devote emprise Fonda, bastit, et doua ceste Eglise. Ses bons Subjectz il voulut frequenter, Et leur apprint à semer, et enter Commodement, et à rendre fertile Ce, que estoit desert, et inutile, En leur faisant apporter de maint lieu Arbres divers. Puis mourant dit Adieu A ses Enfans, qui sur luy ont posée Ceste Epitaphe, et la Tombe arrosée De larmes d’œil par naturel devoir. Devant sa mort des ans pouvoit avoir Soixante, et douze. O longue vie, et belle, Ta longueur soit devenue eternelle.
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