Poème
Epitaphe de troys Enfans freres
par Clément MAROT
La Suite de l'Adolescence clémentine
D’ung mesme dard, soubz une mesme année, Et en troys jours de mesme destinée Mal pestilent soubz ceste dure Pierre Mist Jan de Bray, Bonaventure, et Pierre, Freres tous troys, dont le plus vieil dix ans A peine avoit. Qu’en dictes vous Lisans ? Cruelle Mort, Mort plus froide que Marbre, N’a elle tort de faire cheoir de l’Arbre Ung fruict tant jeune, ung fruict sans meureté, Dont la verdeur donnoit grand seureté De bien futur ? Qu’a elle encores faict ? Elle a (pour vray) du mesme coup deffaict De Pere, et Mere esperance, et lyesse, Qui s’attendoient resjouyr leur Vieillesse Avec leurs Filz : desquelz la mort soubdaine Nous est tesmoing, que la vie mondaine Aultant Enfans, que Vieillardz abandonne. Il nous doibt plaire, puis que Dieu l’ordonne.
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