Poème
Évohé
par Claudius POPELIN
L’effluve printanier qui nous gonfle les veines Rend plus douce la nuit, plus radieux le jour. Nous avons la jeunesse et nous avons l’amour ; Au loin les noirs soucis, au loin les craintes vaines ! Que l’ivresse, aujourd’hui, nous coiffe de verveines ; Suivons d’un pied léger son fifre et son tambour. Il sera temps, plus tard, quand viendra notre tour, D’aller courbant le clos sous le faix de nos peines. Vivons, pour le moment, notre âge de verdeur Dans la joie allumée au feu de notre ardeur Et dans l’alacrité qui chante et qui trépigne. Amis, trempons les fleurs, teintes du sang d’Eros, Dans le cratère d’or plein des pleurs de la vigne, Et vidons à Cypris les coupes de Samos.
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