Poème
Fatalité
par Claudius POPELIN
Socrate, condamné, boit la mort clans son bol, Un roi frappe un ami, dans sa fureur bachique, L’insecte est écrasé sous le sabot rustique Et la cité s’écroule aux secousses du sol ; Lucrèce, en sa vertu, rencontre le viol, L’épée ouvre le sein du fier Caton d’Utique, Le fils d’un empereur tombe au fond de l’Afrique, La flèche de l’archer perce l’aigle en son vol. Tout se voit entraîné par une force aveugle, La mouche qui bourdonne et le taureau qui beugle, L’enfant, la femme, l’homme, et le faible et le fort. Chacun suit, garrotté, le destin qui le mène, Heurtant à l’imprévu l’arrêt caché du sort : Et tu chéris la vie, ô pauvre espèce humaine !
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