Poème
Gaston de Foix
par Claudius POPELIN
À Gustave Moreau Ses cheveux sont rougis des flots d’un sang vermeil ; De ses lèvres en fleur s’envole un dernier râle. Ainsi qu’un lis fauché le jeune héros pâle Dort, sur des étendards, son éternel sommeil. Le chapelain, de l’âme évoquant le réveil, Devant le trépassé chante de sa voix mâle, Les rudes lansquenets, tout bronzés par le hâle, Entourent, à genoux, le funèbre appareil. Et, de deuil suffoqués, les vaillants capitaines, Sur le mort inclinant leurs figures hautaines, Viennent baiser sa main blanche comme un paros. Car celui qu’ils ont vu se coucher dans la gloire, Au retentissement des clairons de victoire, C’est Gaston de Nemours, prince plus beau qu’Eros.
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