Poème
Hauts fourneaux
par Eugène MANUEL
À mon ami Léonce Ribert L’Allemagne en travail est un laboratoire Où l’alambic à froid distille la raison; L’Angleterre, marché du monde, à l’horizon Voit fuir de ses vaisseaux la banderole noire ; L’Italie, étalant les débris de sa gloire Sous le soleil couchant de l’arrière-saison, Est un musée immense et sans comparaison; La France est une forge où l’on fait de l’histoire ! Il lui faut la lueur des fourneaux allumés, Les bras nus et suants, les charbons consumés, La crépitation des grandes fonderies. L’idée, à flots brûlants, sort des canaux ouverts; Et la coulée en feu, rejetant ses scories, Donne assez de métal pour mouvoir l’univers !
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