Poème
Jalousie
par Claudius POPELIN
Vous vouliez revoir la maison... Nous primes le sentier des chèvres. Le beau soleil de la saison Couvrait d’or les coteaux de Sèvres. Nous fûmes, en moins d’un instant, Aux terrasses abandonnées. Pourquoi vous complaisiez-vous tant Aux souvenirs d’autres années ? Moi, sur les murs j’ai cru, partout, Voir passer l’ombre d’une idole. Serait-elle encore debout ? Cela m’a coupé la parole. A mon passé j’ai mis le feu Et j’en ai dissipé la cendre ; Vous nourrissez toujours un peu L’incombustible salamandre. Chaque jour je vous tends en vain L’eau qui fait perdre la mémoire, Vous prenez bien la coupe en main, Mais vous ne voulez pas tout boire. Tant qu’il en reste au fond du cœur L’amour ancien remonte aux lèvres ! Vous expliquez-vous ma rancoeur, Maintenant, aux coteaux de Sèvres ?
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