Poème
Je le sais
par Claudius POPELIN
Je le sais trop, parbleu ! que vous êtes fort belle, Que votre fin visage est ravissant à voir, Que vos cheveux sont d’or et que votre œil est noir Comme un grenat foncé qu’allume une étincelle. Je sais que votre cœur volontiers se rebelle Et traite d’insolent un amoureux espoir ; Je sais qu’il ne faut pas tenter de l’émouvoir ; Je sais qu’il est fermé comme une citadelle. Tout cela je le sais. Ne sais-je point, aussi, Que le plus grand malheur pour un amant transi Consiste à ne pouvoir posséder ce qu’il aime ? Je sais qu’on doit subir son destin ici-bas ; Mais ce que je sais mieux, et sachez-le vous-même, C’est que rien ne défend d’aimer ce qu’on n’a pas.
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