Poème
Jouir, souffrir
par Claudius POPELIN
À Armand Silvestre Jouir, telle est la loi, ne va pas sans souffrir. L’amour serait de peu s’il n’était éphémère, Le miel semble plus doux quand la coupe est amère. Il n’est pas de gaité que ne scande un soupir. L’aube a déjà les feux du jour qui va finir. Le rêve le plus beau chevauche une chimère, L’enfant, dès qu’il conçoit, sait qu’il perdra sa mère, Notre âme, en pleine paix, sent gronder l’avenir. La science conclut aux vanités des choses, Le ver est dans le fruit, l’épine est sous les roses, La folie est au bout de l’ivresse du vin. C’est ainsi dans ce monde. Aux biens qu’elle nous livre La Nature, toujours, môle un âcre levain : La terreur de la mort donne du prix à vivre.
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