Poème
L’Hidalgo
par Claudius POPELIN
À Léon Bonnat Son premier grand aïeul était à Roncevaux. Par la masse et l’épée et la dague et la lance Les autres ont chassé les Maures de Valence, Rougi dans cent combats le poitrail des chevaux. Ses pères, maintenant, dorment en leurs caveaux. Les cris de la mêlée ont fait place au silence. De Séville à Cadix son pennon se balance Sur des castels soumis aux lois des temps nouveaux. Mais quand il est en chasse il se croit à la guerre ; Son vieux cœur andalou propulse un vieux sang goth. Aussi telle est l’humeur de ce fier hidalgo Que, s’il tire un lapin, pauvret qui n’en peut guère, S’imaginant occire un calife Abdallah, Il lui dit : « Tiens, barbare, attrape ce coup-là ! »
Connectez-vous pour laisser un commentaire.