Poème
L’Idylle
par Claudius POPELIN
Elle allait effeuiller la blanche marguerite, Dans la fraîche vallée, aux bords du ruisseau clair ; A l’encontre il survint, marchant le nez en l’air, Son fusil sur le bras, en chasseur émérite. Elle rougit, sans prendre un maintien hypocrite Qu’eût trompé son regard où brillait un éclair ; Lui, qui savait, d’ailleurs, discourir comme un clerc, L’entretint de propos à ravir Théocrite. L’idylle fut charmante et dura jusqu’au soir. Aussi, quand l’astre d’or, au sommet du mont noir Eut, enfin, écorné son beau disque écarlate, Il disparut sans voir, sur les herbes en pleurs, De son grand œil flambant que la brume dilate, Le sang des animaux et les débris des fleurs.
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