Poème
La Coupe
par Claudius POPELIN
Lorsque Benvenuto, ciseleur de Florence, Modela cette coupe en ses divines mains, Il en fit un joyau digne du roi de France Pour lequel il quittait les Pontifes Romains. Alors qu’elle apparut ce ne fut, à la ronde, Partout, pour l’admirer, qu’une commune voix. Le moule en a couru, depuis longtemps, le monde, Et je vous en présente une épreuve de choix. En la voyant chez vous chacun dira, peut-être : Le galbe et l’ornement sont d’un suprême goût, La ciselure a bien le grand style d’un maître, Honneur au Florentin ! Et puis ce sera tout. Mais vous, la contemplant, y verrez un emblème : Votre amour, tout comme elle, a modelé mon cœur, Et, quand vous y versez le breuvage que j’aime, Vous faites déborder l’enivrante liqueur.
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