Poème
La Folie des pères
par Claudius POPELIN
À Édouard Pailleron De la zone polaire aux cercles étouffants Nous cherchons le détroit des îles Fortunées, Et nous nous épuisons, dès nos vertes années, À fixer le Bonheur en nos jours triomphants. Bientôt, hélas ! trop tôt, mûrs et philosophants, Nous renonçons, déçus, à nos vaines tournées ; Mais on nous voit encore aux nefs abandonnées Ramer pour nos enfants. Et nous voulons garder, telle est notre folie, Dans la coupe où l’on boit, pour nous toute la lie, Tout le nectar pour eux. Quels que soient nos efforts leur destin est le même. Pourtant, s’ils comprenaient à quel point on les aime, Ils feindraient d’être heureux.
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