Poème
La Gloire de l’homme
par Claudius POPELIN
À Émile Blanchard Jeté nu sur la terre, il se vêt et bâtit. Il a dompté la faune, il a conquis la flore, Assoupli le métal, tourné l’urne et l’amphore. Il pense, écrit et peint, chante, sculpte et sertit. Il découvre la Force, il se l’assujettit, Soumet à son pouvoir et l’eau qui s’évapore Et la foudre qui tue et le feu qui dévore. Malgré tant de labeurs l’homme serait petit. Petit il resterai !, bien qu’il pèse les astres, Bien qu’il nombre des cieux les immenses cadastres : Mais ce qui le fait grand, et non pas à moitié, En lui ce qui révèle une essence divine, Ce n’est pas ce qu’il peut, ce qu’il sait ou devine, C’est d’avoir, ici-bas, inventé la Pitié.
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