Poème
La Lecture
par Claudius POPELIN
Ils s’en étaient allés voir la fête foraine, Les hôtes du château. Là, tout seuls demeurés, Nous nous tenions pensifs, muets et désoeuvrés. J’avais l’amour au cœur, vous aviez la migraine. « Lisez », me dîtes-vous, d’un doux air de sirène, Et les yeux languissants d’un feu sombre éclairés, « Lisez, ils ne seront de bien longtemps rentrés. » J’obéis comme on fait à l’ordre d’une reine. Cependant j’éprouvais un je ne savais quoi, Tantôt baissant le ton et prêt à rester coi, Tantôt le relevant d’une voix raffermie. Vos lèvres, à la fin, murmurèrent : « Je dors... » N’est-ce pas qu’en ce jour vous fîtes l’endormie ? Mais jeunesse ne sait. J’étais si jeune alors !
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