Poème
La Musique
par Claudius POPELIN
À Eugène Sauzay Sous les crins de l’archet, sur le clavier d’ivoire, Par le rythme précis assouplissant le son, Les maîtres font parler la divine chanson, Et la sirène, alors, vient charmer l’auditoire. Car, suivant son désir ou suivant sa mémoire, Chacun selon son goût, chacun à sa façon, Du souffle harmonieux subit le doux frisson, Et du musicien c’est ce qui fait la gloire. Dans ma main, cependant, posant mon front lassé, Moi, recueilli, j’écoute, et du profond passé Je cherche à dégager les minutes heureuses ; Mais au fil des regrets je livre mon bateau Et j’évoque l’essaim des pâles amoureuses Que le Temps, ce jaloux, cache sous son manteau.
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