Poème
La Reine
par Claudius POPELIN
À Robert de Bonnières Les mécréants maudits ont pris le Roi de France, La fleur de ses barons est mise à malemort. La Reine, dans Damiette, instruite de son sort, S’abandonne, éplorée, à la désespérance. Les Sarrasins viendront, selon toute apparence. Cette affreuse et sinistre attente au cœur la mord, Et, devant un vieillard calmant son déconfort, Elle dit, à genoux, dans son horrible transe : « O loyal serviteur du Christ et de sa foi, Par l’enfant que je porte en mon sein, jurez-moi, Plutôt que des païens je ne sois la conquète, Plutôt que je ne serve à leurs méchants projets, Beau sire chevalier, de me couper la tête ! » Et le vieux lui répond : « Madame, j’y songeais. »
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