Poème
La Soirée
par Claudius POPELIN
L’autre soir la diva chantait con amore, Modulant avec art ses phrases gracieuses Devant le cercle ému des femmes radieuses Dont le sein palpitait sous le satin lustré. En spirales sans fin, par l’espace éthéré, Vers des bords inconnus, les lois mystérieuses Des rythmes cadencés, ondes mélodieuses, Faisaient flotter l’esprit dans un rêve azuré ; Et, comme un sombre essaim de noires tourterelles, Lorsque le chant cessait, les feux de vos prunelles S’abattaient caressants sur quelque beau parleur. Cependant, qu’avait-il de si bon à vous dire, Que vous ne m’avez pas donné même un sourire, Que vous n’avez pas vu quelle était ma pâleur ?
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