Poème
Le Bain
par Claudius POPELIN
Blotti dans les ajoncs, trempé jusques aux moelles, J’ai guetté, maintes fois, dans l’endroit écarté, Quand, dès l’heure où le ciel étend ses sombres toiles, Tu te mettais à l’eau, par quelque nuit d’été. L’éclat phosphorescent des tremblantes étoiles Eclairait de ton corps la blanche nudité, Et tu m’apparaissais admirable et sans voiles, Comme aux yeux d’un mortel une divinité. De même qu’Actéon, pour avoir vu Diane Se baigner dans la source où trempait la liane, Fut dévoré vivant par ses chiens furieux, Sans trêve dans la veille et sans repos en songe, Supplice mérité des amants curieux, La meute des désirs depuis ce temps me ronge.
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