Poème
Le blason
par Eugène MANUEL
À Victor Hugo Besançon, 1880. « ... Alors dans Besançon, vieille ville espagnole... » Pendant tout mon séjour ce vers m’est revenu, Et je le redisais au passant inconnu, Aux vents, aux flots du Doubs, à l’oiseau qui s’envole ! Et je croyais te voir, sans couleur, sans parole, Dans ton obscur berceau couché, débile et nu; Et de ce souvenir mon rêve entretenu Trouvait toute autre idée insipide ou frivole ! Et la ville farouche aux rochers indomptés, Faite pour dédaigner les plus fières cités, Semblait avoir grandi sa taille à ta mesure; Et le petit berceau masquait tout l’horizon ; Et sur ces vieux murs noirs, palais, rempart, masure, Un seul nom flamboyait, — gigantesque blason!
Connectez-vous pour laisser un commentaire.