Poème
Le Bonheur tel qu’il est
par Claudius POPELIN
Au comte Olivier de Gourjault Pourquoi vouloir toujours jauger notre bonheur ? Prenons-le tel qu’il est sans chercher sa mesure, Et tant pour ce qu’il vaut et tant pour ce qu’il dure, Sans le soumettre au joug de l’esprit raisonneur. Dans le compas ouvert du doute empoisonneur Gardons-nous d’enfermer sa mobile envergure : Peser le grain nouveau de la récolte mûre C’est œuvre à contenter l’avare moissonneur. Il ne faut pas sans cesse analyser les choses, Sans cesse énumérer les pétales des roses, Sans cesse en la forêt dénombrer les scions ; Mais il faut, dans les nuits sereines et sans voiles, Suspendre ses regards aux constellations Et ne pas s’épuiser à compter les étoiles.
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