Poème
Le dernier salut
par Eugène MANUEL
Vivant, cet homme était une âme basse et vile : Il avait insulté, calomnié, menti, Vendu sa conscience et trahi son parti. Ses mains gardaient le sang de la guerre civile. Rien n’avait fatigué sa lâcheté servile. Le mépris sur son nom s’était appesanti, Et, debout sous la honte, il n’avait rien senti. Nul ne saluait plus l’infâme par la ville. Dans l’ombre s’est éteint le sinistre vieillard ; Là-bas obscurément s’enfuit le corbillard. Pas un ami ne suit sa mémoire abhorrée : Mais — ô respect des morts ! culte grave et profond ! — Au milieu des saluts la dépouille ignorée S’avance, et les plus purs se découvrent le front! X
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