Poème
Le Jardin de l’aïeul
par Claudius POPELIN
Vieux jardin de l’aïeul, à la mode française, Où la souple charmille arrondie en arceaux Faisait, se conformant au galbe des berceaux, De longs corridors verts du cintre à la cimaise, Te souviens-tu, dis-moi, de notre doux malaise ? Te souvient-il aussi que les petits oiseaux, Libertins, secouaient les jeunes arbrisseaux, Et qu’elle avait seize ans, et que j’en avais seize ! Et que le sang, bien fort, nous battait le tympan ? Et que la brise, au soir plus fraîche qui se joue, Ne pouvait nous ôter la pourpre de la joue ? Et que le chèvre-pied barbu, le bon dieu Pan, Sortant son front cornu d’une touffe de lierre, Semblait rire de nous dans sa gaine de pierre ?
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