Poème
Le Mot
par Claudius POPELIN
Au vicomte de Borrelli Parfois l’esprit, en nous, se ferme et rien n’en sort. On le fomente en vain comme en vain on l’excite. Il semble qu’à jamais le poète soit mort Sans que pouvoir aucun jamais le ressuscite. Une fée a jeté sur lui son mauvais sort ; Elle a fait envoler la bonne réussite. L’encre même se fige en sa plume qu’il mord, Et la Muse se tait quand il la sollicite. Mais un mot, un seul mot, sonore, harmonieux Eclate, et, tout d’un coup, rompt le charme odieux, Amenant à sa suite une idée, une image. Le poème, aussitôt, naît et prend son essor, Ainsi qu’on eût pu voir, sous la verge d’un mage, Aux temps miraculeux, surgir un arbre d’or.
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