Poème
Le nid
par Eugène MANUEL
À Ma Sœur Pour tenir l’enfant la femme est assise : La Nature, tendre en tous ses desseins, D’avance a marqué la place précise, Entre les genoux, les bras et les seins : Doux nid de l’oiseau, dès qu’il vient de naître, Asile sacré, berceau sans pareil, Où Dieu prépara pour le petit être, Auprès du lait pur, le profond sommeil. Point de gazons fins ni de jeunes mousses : Les mères ont mieux pour leurs nouveau-nés ! Leurs bras ont trouvé des courbes plus douces Que tous nos fauteuils si capitonnés ! Le dormeur est là, souriant et rose : Un bras le retient, l’autre le défend ; Tandis qu’un regard descend et se pose Des yeux de la mère au front de l’enfant ! Et cette tendresse, où Dieu se révèle, Vous la retrouvez la même partout : Est-on jeune ou vieille, est-on laide ou belle, L’enfant ne connaît orgueil ni dégoût ; Car toute caresse est pour lui pareille; Il trouve à qui l’aime assez île beauté : La plus misérable, alors qu’il s’éveille, Reçoit son sourire, et l’a mérité! Qu’importe la bure épaisse et vulgaire, Ou les plis soyeux couvrant les genoux! Peut-être à l’enfant, qui n’y songe guère, Les haillons troués font un lit plus doux !
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