Poème
Le Poltron révolté
par Claudius POPELIN
Vous me troublez beaucoup, ce n’est pas un mystère. Vous êtes adorable, et vous prenez les cœurs Dans le réseau divin de vos charmes vainqueurs ; Mais, un geste de vous, et je rentre sous terre. A vouloir vous parler, soudain, ma voix s’altère. Je suis pareil au faon traqué par les piqueurs ; Et je reste muet sous vos regards moqueurs, Courbé comme un vaincu devant un cimeterre. Je sens trembler mon être et fléchir mes genoux. Pourtant j’en sais qui sont à l’aise devant vous ! Ah ! je suis lâche, allez ! vous pouvez bien le dire. Hélas ! je fais les frais de votre hilarité. La belle, croyez-moi, vous avez tort de rire : Rien n’est plus dangereux qu’un poltron révolté.
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