Poème
Le spectre
par Eugène MANUEL
Malheur à qui, tournant l’angle d’un carrefour, Insouciant, sourit au frôlement du vice! Il faut qu’un noble cœur se révolte et frémisse, Le soir, quand apparaît le spectre de l’amour; Il faut que l’âme honnête appelle enfin ce jour Où finira l’immonde et navrant sacrifice ; Où la fille du peuple, arrachée au supplice, Connaîtra le respect et l’honneur à son tour ! O toi qui peux railler la pâle pécheresse, Sans peser à la fois sa honte et sa détresse, Double cancer rongeur au sein de nos cités : A cet amour impur je condamne ta vie ! Qu’il soit ton châtiment; l’autre amour, ton envie Qu’une vierge jamais ne vienne à tes côtés !
Connectez-vous pour laisser un commentaire.