Poème
Le Tour du poète
par Claudius POPELIN
Quand il a bien conduit sa besogne du jour, S’il a bien employé sa verve dépensée, Et, sur un rythme ferme appuyant sa pensée, Bien entamé son chant de morale ou d’amour, Comme l’agriculteur qui suspend son labour, Ou quitte, vers le soir, la plaine ensemencée, Le poète, laissant la strophe commencée, Abandonne son œuvre et s’en va faire un tour. Tel qu’un amant heureux sort de chez sa maîtresse, Il marche, tête haute et gonflé d’allégresse, Dans la fraîcheur de l’air, plus léger qu’un enfant, Et, sur l’asphalte blanc, il rime et scande encore Les vers harmonieux de la stance sonore Au retentissement de son pas triomphant.
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