Poème
Le Vétéran
par Claudius POPELIN
À Jacques Madeleine Doux pâtre d’Arcadie, au sonore pipeau, Qui m’offre cette idylle où tressaille ton être, Pour te dire merci, de ma flute champêtre Je veux, exprès pour toi, tirer un air nouveau. Elle n’est plus agile au long du chalumeau la main du vieux Tityre oublié sous son hêtre ; Mais l’ancien barde chante, ainsi que l’ancien relire Aime encore à traîner son bancal au fourreau. C’est un fait. Pour si peu que l’occasion s’offre, Le vétéran chenu relire de son coffre Un uniforme usé qu’avec orgueil il met. Serré dans le dolman qu’un or fané soutache, En marchant il balance un antique plumet Et de la jambe il bat la folle sabretache.
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