Poème
Le Volant
par Claudius POPELIN
Cent, deux cents, trois cents fois, adroite, souple et leste, Tu projetais vers moi le jouet empenné. Je te le renvoyais d’un mouvement gêné Qui faisait ressortir la grâce de ton geste. Autant tu le montrais alerte, vive et preste, Autant j’étais au jeu maladroit et borné. Plus ton regard brillait de joie illuminé, Plus je laissais paraître une mine funeste. Car je sentais mon cœur, ainsi que ce volant, Poussé, battu, meurtri, déchiré, pantelant, Comme lui ballotté de raquette en raquette, Bondir et rebondir, pauvre martyrisé, Sans trêve ni repos, au gré d’une coquette, Pour tomber, à la fin, contre le sol brisé.
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