Poème
Le Voyageur
par Claudius POPELIN
L’âme la plus sereine a sa part de souffrance, L’esprit le plus joyeux a son trouble secret ; Le souvenir fléchit sous le poids du regret, La crainte anticipée obsède l’espérance. Le hasard ennemi, la fatale occurrence Tranchent les nœuds sacrés de leur dur couperet ; L’aveugle et sourd destin, par un aveugle arrêt, Livre l’amant fidèle au vautour de la transe. Voici qu’un vent jaloux, soufflant sur mon esquif, M’entraîne soucieux, solitaire et pensif, Au gré des flots mouvants, dans un lointain parage. O vous qui demeurez, songez à ma rancoeur ! Et faites, par pitié, mentir le vieil adage Qui dit, si tristement : Loin des yeux, loin du cœur
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