Poème
Les Deux Baisers
par Claudius POPELIN
À la princesse C. de Sayn-Wittgenstein Au mont des Oliviers lorsque Judas vendit, Par un lâche baiser, son doux et divin maître. Bien que jamais docteur ne nous l’ait fait connaître, Ce baiser de Judas, Jésus le lui rendit. Le pontife clément, ainsi, n’a pas maudit Qui le livrait aux mains du tétrarque et du prêtre. Or voici ce que fit le baiser de ce traître : Le Juste fut en croix cloué comme un bandit. Mais quand le malheureux, qui se sentait infâme, Eut plongé dans la mort les noirceurs de son âme, Tous les esprits malins demeurèrent déçus, En voyant du pendu, que balançait la branche, Monter au Saint des Saints une âme toute blanche. Et voilà ce que fit le baiser de Jésus.
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