Poème
Les Gêneurs
par Claudius POPELIN
Vous aviez des gêneurs plein votre appartement. Des folles, des bavards faisaient, avec aisance, Sur le dos du prochain assaut de médisance Et parlaient, sans penser, fort impertinemment. Je subis jusqu’au bout l’indicible tourment De leurs oiseux propos et de leur suffisance. Ils nous ont, à la fin, laissés seuls en présence, Et nous sommes, ainsi, demeurés un moment. Alors je n’ai point su trouver un mot à dire. Pardieu ! je n’y vois pas un grand sujet de rire : Aimer trop, quelquefois, nous rend l’esprit obtus. Un autre eût, à l’instant, chanté : « Fleuve du Tage. » Moi, je vous aimais trop, c’est pourquoi je me tus ; Mais en ne parlant pas, j’en ai dit davantage.
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